Depuis 1623

Le Lion Verd, une belle épopée culinaire et historique au cœur de notre Normandie

Depuis le XVIIe siècle, au carrefour des routes normandes, se dresse le Lion Verd, auberge puis restaurant emblématique de Putanges. Chaque pierre y murmure des siècles de sociabilité et d'adaptation.

1623

Première mention dans les archives

L'auberge du Lion Verd apparaît pour la première fois dans les archives locales. Son hôte, Charles Deflais, est dit fermier de « l'Hostellerye du Marché » : il n'en est que le locataire-exploitant, chargé de la gérer pour le compte du seigneur de Putanges. Le Lion Verd n'est alors qu'une modeste halte pour les voyageurs, marchands, pèlerins et charretiers en transit entre Falaise, Argentan et Flers.

1689

« Lestat des meubles »

Un inventaire du mobilier révèle un état de vétusté avancée : matelas de mauvaise qualité, draps manquants, meubles cassés. L'auberge rurale du XVIIe siècle est un lieu fonctionnel et précaire, loin des clichés romantiques.

1724

Un bail de neuf années

L'auberge est louée à Guillaume Heudeline et Guillaume Bachelay par Philippe de Saint-Nicol, bourgeois local. Le système de baux successifs et de sous-locations donne au lieu sa souplesse : si un locataire rencontrait des difficultés, un autre prenait le relais sans que l'auberge ne ferme.

1778

Une audience de justice

Claude Gabriel Heudeline Dupre, bourgeois de Falaise, y tient audience. L'auberge sert de lieu de réunion officiel : preuve de son importance dans la communauté.

La place de Putanges et l'hôtel du Lion Verd d'origine.
La place de Putanges et l'hôtel du Lion Verd d'origine.
1944

L'incendie du 17 août

Un camion de munitions immobilisé près de l'hôtel explose. Malgré les efforts héroïques d'un soldat anglais pour éteindre l'incendie, celui-ci détruit une grande partie du bâtiment. Un hôtel temporaire en bois est rapidement construit pour maintenir l'activité.

La place devant le Lion Verd, après la bataille.
La place devant le Lion Verd, après la bataille.
Le combat pour le pont, photographié depuis les ruines de l'hôtel.
Le combat pour le pont, photographié depuis les ruines de l'hôtel.
1949

La reconstruction

L'actuel Lion Verd est rebâti, première pierre posée par des dignitaires locaux et le constructeur italien César Martinelli. Une pierre de granit datée de 1949 rappelle encore cet épisode à l'entrée de l'établissement.

Le rangement commence : des piles de pierres prêtes pour la reconstruction.
Le rangement commence : des piles de pierres prêtes pour la reconstruction.

Le nom

Mais pourquoi ce « d » final à « Verd » ?

Son nom trouve son origine dans une enseigne peinte représentant un lion vert, symbole de puissance et de prospérité, mais aussi de protection — des qualités essentielles pour un lieu destiné à accueillir les voyageurs fatigués par les routes poussiéreuses de Normandie. Quant au « verd », il évoque la nature luxuriante de la région, ses forêts, ses prairies, mais aussi la fraîcheur des produits servis à l'auberge.

La réponse est un héritage direct de l'ancien français, lui-même issu du latin viridis, qui signifie « vert ». Ce terme était une variante courante dans les dialectes d'oïl, parlés en Normandie et en Picardie. Ainsi, « Lion Verd » n'est pas une simple fantaisie orthographique, mais un témoignage authentique de l'évolution de notre langue.

Aujourd'hui, le Lion Verd est bien plus qu'un restaurant : c'est un monument vivant, un témoignage de l'histoire de Putanges et de la Normandie. Ses murs, imprégnés de siècles de rires, de débats et de repas partagés, continuent d'accueillir les voyageurs avec la même chaleur qu'au XVIIe siècle. La cuisine, toujours fidèle à ses racines, met en valeur les produits du terroir, tout en s'ouvrant à des influences modernes.

Et si les murs pouvaient parler, que de récits ils nous conteraient…